Les années 1940-50/Mémoires de Hormidas Parent

Chapelle construite vers 1943
Par la compagnie J.D. Parent et Fils

Photo(1) sur l'Ile aux Cerfs
Collection famille Cyr vers 1949

Le dortoir des filles était un ancien poulailler
Photo(2) sur l'Ile aux Cerfs
Collection famille Cyr vers 1949

pense avoir construit une nouvelle bâtisse
Photo(3) sur l'Ile aux Cerfs
Collection famille Cyr vers 1949

Manoir
Photo(4) sur l'Ile aux Cerfs
Collection famille Cyr vers 1949


Selon monsieur Parent (5)
Partie agrandie des cuisines (vers 1943)

Manoir
photo(6) sur l'Ile aux Cerfs
Collection famille Couillard 1920-29

Partie arrière existante vers 1920-29

En janvier 2007, je rencontre Monsieur Hormidas Parent à sa demeure de Saint-Basile-Le-Grand et j’apprends que Hormidas est le frère de monsieur Arthur Parent résidant dans notre municipalité. Monsieur Arthur Parent a lui aussi travaillé sur l’Ile aux Cerfs en même temps.

Vers les années 1940, la compagnie J. D. Parent et fils, dirigée par leur père, entreprenait des contrats de construction, de réparations et excavations et autres objets.

Ce qui nous intéresse à cette compagnie c’est qu’elle avait convenu d’exécuter son projet sur l’ile aux Cerfs durant les années 1940. Une entente avait été établie avec elle par un dénommé Donat Turcotte pour certaines tâches sur l’ile aux Cerfs. Ce monsieur Turcotte, suivant notre information, employé d’Hydro-Québec, était un bénévole qui s’occupait des organisations charitables du diocèse de Montréal. Ces organisations étaient sous la gouverne de Monseigneur Conrad Chaumont évêque auxiliaire de Montréal. À cette époque, ce dernier voyait aux activités qui se passaient sur l’Ile aux Cerfs. Madame Lucille Lafrenière Cyr nous a déjà corroboré ce fait.

Monsieur Parent nous informe qu’il y est arrivé pour la première fois vers 1943 et s’y est rendu très fréquemment jusque vers 1950.

Pour raviver sa mémoire, je lui montre les photos de la famille Cyr. Il se souvient très bien de Claude et Lucille.

En voyant la chapelle sur la photo (photo 1), il me dit, c’est nous qui l’avons bâti. Elle n’était pas là la première fois que nous nous sommes rendus sur l’Ile. C’est la première construction que nous avons érigée. Le bois de charpente avait été donné par J.J. Seguin de Saint-Lambert. Bien entendu, ces personnes charitables avaient été sollicitées par monsieur Turcotte.

Les bâtiments que je vois sur les photos étaient tous là, sauf peut-être, la chambrée des garçons.

Notre contrat consistait à construire de nouveaux ouvrages et également à réparer ou rendre accessible les autres. Le dortoir des filles sur cette photo (photo 2) était un ancien poulailler que nous avons transformé, Madame Lafrenière-Cyr nous avait fait la même remarque.

Monsieur Parent pense avoir dressé une bâtisse concernant celui des garçons (photo 3), mais il n’en est pas certain. Peut-être que nous l’avons rénovée en fin de compte ? 

Bien entendu à notre première intervention sur l’ile le manoir était bien en place. Il était occupé par les « sœurs » (religieuses), mais je ne me souviens pas du nom de leur congrégation. Suivant une personne qui a dernièrement communiqué avec moi serait celle des Oblates Franciscaines de Saint-Joseph, congrégation fondée en 1945.

Notre travail sur le manoir a consisté à agrandir et rénover les cuisines. Sur la photo, on voit l’extension du coin repas. Elles servaient à tous les bénéficiaires et employés qui vivaient sur l’ile.

Sur les photos 4 et 6, la maison principale est photographiée sur deux périodes différentes. Le numéro 4 date des années 1940-50, le 6, les années 1920-29. Sur la photo  5, on voit un agrandissement à l’ouest du manoir, c’est probablement la partie mentionnée par monsieur Parent. Sur l’autre photo 7, nous pouvons en remarquer à l’arrière du manoir et non vers le côté ouest, mais nous nous rappelons que cette photo date des années 1920.

Monsieur Parent se souvient qu’au début il y avait les religieuses et les frères Saint-Gabriel. Il n’y avait pas les pères Franciscains, ils sont arrivés un peu plus tard.

Avant la saison hivernale, une journée de travail commençait par se rendre sur l’ile avec le bac amarré au terrain de monsieur Lafrenière. On traversait avec un camion et notre équipement. Parfois, c’était des membres de la famille Lafrenière et d’autres fois un monsieur Blain qui était à la commande du bac.

Monsieur Lafrenière aurait bien voulu avoir le contrat sur l’ile et un jour il refusa à mon père de le conduire avec le bac, lui disant de prendre les chaloupes pour transporter son équipement de l’autre côté de la rivière, mais le problème s’est résolu amicalement.

Un jour, nous avions un camion de sable à traverser. L’embarcation était vieille et c’était une période pluvieuse. Les côtes étaient assez abruptes et mon père décida de poser des chaînes autour des roues pour faciliter la montée vers l’Ile. En arrivant au quai de l’Ile, le camion s’avance et dès que les roues sortent du pontage du quai, le devant du camion s’enfonce dans le sol. Les roues arrière sont encore sur le bac, mais tournant dans le vide elles défoncent le pontage et le tout se retrouve en partie sur la rive et sur le bac. Le sable se déverse du camion et l’embarcation commence à couler. Pour se rendre dans l’eau, mon père fait allonger les manches des pelles pour vider le bac et le camion du sable renversé. On a réussi à retirer le camion du bac et à le sécuriser sur l’Ile. On fait appel au traversier du village conduit par monsieur Wilbrood Archambault. Il est remorqué jusqu’au quai Lafrenière, monté sur la côte et réparé.

Une autre fois en automne, avec monsieur Blain à la commande du bac, c’est le câble qui s’est brisé. Nous avons dérivé plusieurs milles et encore une fois le bac du village nous a secourus.

L’hiver, nous traversions sur le pont de glace à partir de Saint-Charles. Nous servions de commissionnaire également et prenions le lait, courrier et autre à la ferme d’un monsieur Rémy.

 Un petit téléphérique qui avait été donné par Bédard et Gérard (électricien) avait été installé entre l’Ile et la berge de Saint-Charles. Par cette nouvelle trouvaille, les Rémi s’occupaient de faire traverser le lait, courrier, etc.. Mais, un certain hiver, un gros verglas se fixa au câble, les poteaux penchèrent de chaque côté et le câble se prit dans la glace. L’embarcation fut emportée lors de la débâcle du printemps.

Dans le livre de Saint-Charles 1695-1995, durant la période des années 1940, on parle des services rendus sur l’Ile par un bac et un téléphérique ce qui corrobore les souvenirs de monsieur Parent.

  Monsieur Parent est âgé de 81 ans, est plein de santé, de temps en temps aide encore ses fils et semble avoir une excellente mémoire. Je le remercie sincèrement de m’avoir consacré un peu de son temps et de prendre note de ses remarques.

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Recherches : Jacques Hébert

Publication : mars 2008

Modification : mai 2016